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Peste porcine


    Actualité
Présentation de la maladie
Mesures de prévention et de lutte
Législation
Situation en Belgique et à l'étranger


 




Actualité

 

La peste porcine africaine a été introduite en Georgie en 2007 et s’est propagée au travers du Caucase et en Russie. Des mesures de lutte ont été mises en place mais n’ont pas permis d’éradiquer le virus, qui est actuellement présent aussi bien au sein de cheptel porcin que de la faune sauvage de ces pays.

La peste porcine africaine se retrouve ainsi, avec l’identification du virus dans un élevage porcin à proximité de Saint-Pétersbourg en janvier 2011, aux portes de l’Union européenne. La direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne a offert l’assistance européenne aux autorités et aux laboratoires russes. En effet, l’Union européenne a déjà l’expérience de cette maladie puisqu’elle était présente en Espagne et au Portugal il y a une quinzaine d’années et a été éradiquée depuis.

La peste porcine classique fait également l’actualité, avec la détection fin mai début juin de 3 foyers en Lituanie. Les trois exploitations sont épidémiologiquement liées : le foyer initial est un élevage de porcelets et a fourni les deux autres foyers en porcelets à engraisser. Les 3 exploitations sont détenues par la même société. La Lituanie a pris toutes les mesures de lutte qui s’imposent afin d’enrayer la propagation de la maladie. L’origine de la contamination n’a pas encore été établie ; une introduction via les sangliers sauvages ou via des contacts lors d’exportations de porcs d’abattage sont cependant des pistes qui sont investiguées plus avant.

Des mesures de nettoyage et de désinfection des camions vides revenant de Russie après livraison de leur marchandise sont d’application depuis le 10 janvier 2011. Ces mesures s’appliquent donc bien évidemment aussi aux transports revenant de Lituanie, les derniers foyers ayant été identifiés dans ce pays.

C’est dans un souci d’évaluer le risque d’endémicité de la peste porcine africaine dans le Caucase et en Russie et d’évaluer le risque d’introduction dans l’Union européenne que la Commission européenne a invité l’EFSA a rendre un avis scientifique sur la question. Cet avis a été publié en mars 2010. L'avis dans sa totalité et son résumé (anglais) sont disponibles sur le site de l'EFSA.




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Présentation de la maladie

 

Il existe deux sortes de peste porcine : la peste porcine classique et la peste porcine africaine.

Bien que ces deux maladies soient provoquées par des agents pathogènes fondamentalement différents, elles sont très proches sur le plan clinique, lésionnel et épidémiologique. Elles sont de plus soumises à la même législation.

 

Origine

La peste porcine classique est une maladie virale provoquée par un pestivirus, de la famille des Flaviviridae.

La peste porcine africaine est une maladie virale provoquée quant à elle par un asfivirus, de la famille des Asfarviridae.

Ces deux variantes de la peste porcine affectent les suidés domestiques et sauvages (porcs et sangliers notamment). La maladie n’est pas contagieuse pour l’homme.

 

Symptômes cliniques

Selon la virulence de la souche impliquée, la peste porcine va se présenter sous différentes formes :

  • forme aigue : forte fièvre, anorexie, léthargie, désordres hématologiques s’accompagnant d’hémorragies sous-cutanées et d’ictère, diarrhée, mort rapide (2-3 semaines) et taux de mortalité pouvant avoisiner les 100% ;
  • forme subaigue : symptômes moins intenses, avec un taux de mortalité moindre et la mort survenant dans un délai plus long ;
  • forme chronique : une clinique insidieuse est observée, avec des signes frustes d’une maladie évoluant sur plusieurs mois.

La maladie étant très contagieuse, les symptômes se propagent très rapidement à l’ensemble des porcs d’une exploitation.

 

Transmission

Le virus responsable de la peste porcine est présent dans le sang, les tissus, l’urine, les excréments, les sécrétions et les excrétas des animaux malades. Il est très contagieux et résistant dans les tissus animaux. Il peut dès lors être transmis par les voies suivantes :

  • par voie transplacentaire, les porcelets ainsi contaminés restants porteurs et excréteurs du virus pendant plusieurs mois après la naissance ;
  • par contact direct avec un animal malade (par introduction d’animaux infectés en provenance d’autres exploitation ou utilisation de verrats de monte au sein même des exploitations, contact avec les sangliers sauvages dans les exploitations avec parcours libre),
  • par contact indirect, par l’intermédiaire de personnes véhiculant mécaniquement le virus ou d’équipements ou de véhicules contaminés,

par ingestion, lors de distribution aux porcs de déchets alimentaires contaminés insuffisamment chauffés (se méfier des importations illégales de produits à base de viande par des voyageurs).

 

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique de la peste porcine classique ou africaine.


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Mesures de prévention et de lutte

 

Prévention

En ce qui concerne la peste porcine classique, il était autrefois possible de vacciner préventivement le cheptel porcin afin de la protéger contre la maladie. Avec la mise en place d’un programme d’éradication et la volonté affichée d’atteindre un statut indemne de maladie, l’Union européenne a interdit la vaccination à partir de 1988. A noter qu’il n’existe pas de vaccin contre la peste porcine africaine, et qu’il n’a donc jamais été possible de protéger le cheptel porcin contre cette maladie par ce biais là.

La prévention contre la peste porcine classique ou la peste porcine africaine passe par le respect de mesures générales qui sont d’application sur l’ensemble du territoire belge :

  • interdiction des rassemblements de porcs, à l’exception d’un rassemblement de porcs au sein d’un même transport vers une destination commune ou d’un rassemblement de porcs d’élevage dans un lieu de rassemblement temporaire ;
  • interdiction d’introduction d’un sanglier mort ou abattu lors d’une partie de chasse ou d’une partie de sanglier dans l’entité géographique d’un troupeau porcin ;
  • interdiction de pénétrer au sein d’une exploitation porcine ou d’entrer en contact avec des porcs dans les 48 heures qui suivent un contact avec un sanglier sauvage ;
  • interdiction de distribution de déchets de cuisine aux porcs ;
  • application de mesures de biosécurité au sein de tout élevage ;
  • mise en quarantaine des nouveaux porcs introduits au sein d’un élevage.

Des mesures supplémentaires de prévention sont d’application pour les personnes revenant de pays ou de zones à risques, c’est-à-dire de pays ou de zones dans lesquels des mesures de lutte temporaires de lutte ou de prévention sont mises en place suite à la détection de la maladie. Ces mesures valent également pour les animaux ou les transports issus de ces zones ou pays. Ces mesures sont reprises dans l’Arrêté ministériel du 22 janvier 2007 portant des mesures temporaires en vue de la prévention des maladies épizootiques du porc. Elles ont entre autres trait à la réalisation d’une désinfection et d’un nettoyage supplémentaire des transports sous supervision officielle lors de leur retour, la soumission des animaux importés à des examens sérologiques avant le départ du pays d’origine, l’obligation d’information de l’UPC, l’interdiction aux personnes d’accéder aux endroits où sont détenus des porcs en Belgique pendant les 72 heures qui suivent leur dernier contact avec des porcs ou du matériel à risque dans les zones à risque.

 

Lutte

Lorsqu’un foyer de peste porcine classique est identifié au sein d’une exploitation porcine située sur le territoire belge, les mesures mises en place ont pour but d’isoler le plus rapidement possible ce foyer afin d’empêcher la propagation de la maladie et d’éradiquer le virus.  L’AFSCA appliquera entre autres les mesures suivantes :

  • décret d’un stand-still national de maximum 72 heures, au cours duquel tout déplacement de porcs est interdit, à l’exception des transports directs vers les abattoirs ;
  • délimitation d’une zone de 500m autour du foyer ;
  • assainissement de toutes les exploitations situées dans la zone et détenant des animaux des espèces sensibles et destruction des produits issus de ces animaux sensibles;
  • réalisation d’une enquête épidémiologique afin d’identifier l’origine de la contamination et les voies de propagation éventuelles (exploitation de contact) ;
  • imposition de mesures restrictives aux exploitations de contact identifiées.

La lutte contre la peste porcine africaine s’organise de la même façon que la lutte contre la peste porcine classique.

La vaccination préventive des cheptels porcins contre la peste porcine classique n’est plus autorisée en Union européenne depuis 1988. La Commission européenne peut cependant octroyer des autorisations temporaires de vaccination à échelle réduite, notamment dans le cadre de la lutte contre la maladie au sein de la faune sauvage. Des programmes de vaccination peuvent ainsi être mis en place dans le but d’immuniser les sangliers et d’éviter que ceux-ci ne contaminent la population de porcs domestiques.



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Législation

 

La peste porcine classique et la peste porcine africaine sont des maladies contagieuses à déclaration obligatoire. Toute suspicion doit immédiatement être communiquée à l’unité provinciale de contrôle de l’AFSCA.

Législation belge

Arrêté royal du 19 mars 2004 relatif à la lutte contre la peste porcine africaine.

Arrêté royal du 10 septembre 1981 portant des mesures de police sanitaire relatives à la peste porcine classique et la peste porcine africaine.

Arrêté ministériel du 22 janvier 2007 portant des mesures temporaires en vue de la prévention de maladies épizootiques du porc.

Arrêté ministériel du 13 novembre 2002 portant des mesures de lutte contre la peste porcine classique chez les sangliers et la protection du cheptel porcin contre l’introduction de la peste porcine par les sangliers, modifié par les Arrêtés ministériels du 7 janvier 2003, du 13 février 2003, du 14 avril 2003, du 30 octobre 2003, du 15 janvier 2004, du 24 mai 2004, du 6 août 2004 et du 18 février 2005.

 

Législation européenne

Décision 2010/354/EU de la Commission modifiant la Décision 2008/855/CE en ce qui concerne les mesures zoosanitaires de lutte contre la peste porcine classique chez les porcs sauvages.

Décision 2008/855/CE de la Commission du 3 novembre 2008 concernant des mesures zoosanitaires de lutte contre la peste porcine dans certains États membres.

Directive 2002/60/CE du Conseil du 27 juin 2002 établissant des dispositions spécifiques pour la lutte contre la peste porcine africaine et modifiant la directive 92/119/CE, en ce qui concerne la maladie de Teschen et la peste porcine africaine.

Directive 2001/89/CE du Conseil du 23 octobre 2001 relative à des mesures communautaires de lutte contre la peste porcine classique.


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Situation en Belgique et à l'étranger

 

Situation en Belgique

Le cheptel porcin belge est indemne de peste porcine classique. La présence du virus de la peste porcine classique a cependant été confirmée dans la population de porcs sauvages en novembre 2002, et a mené à la mise en place d’un plan d’éradication de la peste porcine classique dans les zones concernées du pays. Cette éradication a été couronnée de succès, mais la Belgique reste sous la menace d’une réintroduction du virus dans la faune sauvage à partir de la population de sangliers sauvages présente en Allemagne et se doit donc de rester vigilante.

Le dernier foyer de peste porcine africaine en Belgique date de 1985.

 

Situation à l'étranger

En Europe

L’Europe de l’ouest est actuellement indemne de peste porcine classique en ce qui concerne ses cheptels porcins. La situation est un peu moins favorable en Europe de l’est où la Croatie et la Slovénie ont été confrontées à des foyers en 2006-2007, la Hongrie et la Slovaquie en 2008 et la Serbie (à proximité de la frontière avec la Croatie) en 2010. Un cas de peste porcine classique a également été mis en évidence en Lituanie en 2009 ainsi que trois foyers en mai-juin 2011. Les mesures de lutte classiques sont mises ou ont été mises en place pour le traitement de ces foyers : limitation des mouvements, screening, assainissement, désinfection, quarantaine,… Le virus est par contre présent dans la faune sauvage de nombreux pays européens : ces sangliers représentent une menace d’introduction du virus dans le cheptel porcin.

La peste porcine africaine n’est présente qu’en Sardaigne, où elle est endémique chez les porcs semi-sauvages. Le reste de l’Europe est indemne de la maladie : le dernier foyer observé date de 1999 au Portugal. Le virus se trouve cependant aux portes de l’Europe suite à son apparition en Georgie en 2007 et à sa dissémination massive en Russie.

 

Hors Europe

Le virus de la peste porcine classique est distribué mondialement.

La peste porcine africaine est endémique dans les pays d’Afrique sub-saharienne. La maladie a fait son apparition en Georgie en 2007, et depuis lors, on assiste à une propagation massive dans le Caucase et en Russie, que ce soit dans le cheptel porcin ou la faune sauvage de ces pays. Avec la découverte d’un foyer en bordure de Saint-Pétersbourg, la maladie se retrouve aux portes de l’Union européenne, indemne à ce jour. Les mesures classiques de lutte ont été appliquées, mais n’ont pas permis d’enrayer la propagation de la maladie.

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Version imprimable   |   Dernière mise à jour le 16.04.2012   |   Haut de la page


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